Réalisé par OpinionWay pour Corum L’Épargne en avril 2026, l’Observatoire Corum l’Épargne dresse un état des lieux du rapport des Français à l’argent, à l’éducation financière et à l’investissement. Cette enquête révèle que l’argent est aujourd’hui un sujet largement abordé au sein des familles, que l’apprentissage de la gestion financière est fortement attendu à l’école et que les Français privilégient toujours les conseils humains pour gérer leur patrimoine.
L’essentiel à retenir
- 81 % des Français déclarent parler ouvertement d’argent au sein de leur famille.
- 82 % souhaitent que l’école participe à l’éducation financière.
- 66 % des personnes non retraitées se disent inquiètes pour leur future retraite.
- 88 % privilégieraient des placements limitant les risques plutôt que la recherche de gains plus élevés.
- 67 % déclarent ne pas faire confiance à l’intelligence artificielle pour obtenir des conseils financiers.
Parler d’argent est devenu plus naturel, mais essentiellement au sein de la famille
Contrairement à une idée souvent répandue, l’argent n’est plus un sujet particulièrement tabou dans les foyers français. Selon l’étude OpinionWay pour Corum, 81 % des répondants indiquent que les discussions autour de l’argent sont ouvertes ou au moins contrôlées au sein de leur famille. Seuls 19 % décrivent un environnement où ces échanges sont absents ou considérés comme tabous.
Les jeunes générations apparaissent particulièrement à l’aise avec ces discussions. Les moins de 35 ans sont plus nombreux que leurs aînés à connaître la situation financière de leur famille et à échanger librement sur ces questions.
Lorsqu’ils parlent d’argent, les Français privilégient avant tout leur cercle familial. Le conjoint constitue le premier interlocuteur, devant les parents et les autres membres de la famille. Les amis arrivent ensuite, tandis que seuls 6 % déclarent ne jamais évoquer les questions financières avec leur entourage.
L’éducation financière est désormais perçue comme une mission de l’école
L’un des enseignements majeurs de cette édition concerne les attentes envers le système éducatif. Plus de huit Français sur dix (82 %) estiment que l’école devrait participer à l’éducation financière des élèves.
Les attentes portent principalement sur des compétences concrètes :
- apprendre à gérer un budget (65 %) ;
- savoir reconnaître les arnaques financières (46 %) ;
- comprendre les bases de l’investissement (29 %).
Cette attente est encore plus forte chez les 18-24 ans, dont 95 % considèrent que l’éducation financière devrait faire partie des enseignements scolaires.
La banque et la famille restent les principales sources d’information financière
Interrogés sur la qualité des conseils reçus en matière d’éducation financière, les Français accordent leur confiance en priorité à leur banque et à leur famille. Ces deux sources obtiennent chacune un taux de satisfaction de 65 %, loin devant Internet (48 %), les médias (34 %) ou encore l’école (30 %).
Les plus jeunes se montrent toutefois plus ouverts aux sources numériques. Internet, les réseaux sociaux et les outils d’intelligence artificielle sont davantage utilisés et jugés utiles par les moins de 35 ans que par les générations plus âgées.
La préparation de la retraite reste une préoccupation importante
L’étude met également en évidence une forte inquiétude concernant l’avenir financier. Parmi les personnes qui ne sont pas encore à la retraite, 66 % se déclarent inquiètes de leur future situation financière.
Les répondants se montrent également plus préoccupés par l’avenir financier de leurs enfants que par celui de leurs parents. Près de six Français sur dix se disent inquiets pour la situation financière future des jeunes générations.
Face à cette inquiétude, une majorité estime qu’il faut commencer à préparer sa retraite très tôt. 55 % considèrent qu’il est nécessaire d’épargner dès le début de la vie professionnelle, tandis que 14 % pensent même que cette préparation devrait débuter pendant les études.
Les Français conseillent d’épargner tôt… mais ne regrettent pas tous leurs propres choix
Lorsque les participants sont invités à donner un conseil aux autres générations, le message qui revient le plus souvent consiste à épargner le plus tôt possible, à gérer son budget avec rigueur et à préparer l’avenir.
Pour autant, cette conviction ne s’accompagne pas systématiquement de regrets personnels. Seuls 42 % déclarent regretter de ne pas avoir davantage épargné ou investi lorsqu’ils étaient plus jeunes, tandis que 40 % n’expriment aucun regret et 18 % expliquent qu’ils ne pouvaient tout simplement pas mettre davantage d’argent de côté.
Une culture de l’investissement largement dominée par la prudence
L’Observatoire Corum met en évidence un profil d’investisseur particulièrement prudent. 88 % des Français affirment qu’ils chercheraient avant tout à limiter les risques plutôt qu’à maximiser les gains en cas d’investissement.
Cette prudence s’observe également dans le choix des interlocuteurs. Pour placer 5 000 € comme 50 000 €, les répondants privilégient largement leur banquier, suivi de leur famille puis, lorsque les montants augmentent, d’un conseiller en gestion de patrimoine.
Les jeunes adultes et les catégories socioprofessionnelles supérieures se montrent un peu plus ouverts aux plateformes spécialisées, aux comparateurs en ligne et aux outils d’intelligence artificielle, mais ces canaux restent minoritaires.
L’intelligence artificielle peine encore à convaincre pour les conseils financiers
Malgré le développement rapide des outils d’IA générative, les Français restent très prudents lorsqu’il s’agit de leur confier des décisions financières.
Selon l’étude, 67 % des répondants déclarent ne pas utiliser l’intelligence artificielle pour obtenir des conseils financiers ou ne pas lui faire confiance. Seuls 15 % indiquent faire davantage confiance à une IA qu’à leur banquier, tandis que les proportions sont encore plus faibles face aux conseils des proches ou d’un conseiller patrimonial.
Cette défiance augmente avec l’âge. Les 18-24 ans apparaissent beaucoup plus ouverts à ces nouveaux outils que les personnes de plus de 50 ans.
Quelle est la méthodologie de l’étude ?
Les résultats présentés dans l’Observatoire Corum l’Épargne reposent sur une enquête réalisée par OpinionWay pour Corum L’Épargne auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus. Les interviews ont été menées du 2 au 8 avril 2026 au moyen d’un questionnaire auto-administré en ligne (méthode CAWI – Computer Assisted Web Interview).
Afin de garantir la représentativité des résultats, l’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, en tenant compte de plusieurs critères sociodémographiques : le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle, la taille de l’agglomération et la région de résidence des répondants.
OpinionWay indique avoir conduit cette étude conformément aux procédures de la norme ISO 20252, qui encadre la réalisation des études de marché et des sondages d’opinion. Comme pour toute enquête déclarative, les résultats doivent être interprétés en tenant compte d’une marge d’incertitude comprise entre 1,4 et 3,1 points pour un échantillon d’environ 1 000 personnes.
- Organisme : OpinionWay pour Corum L’Épargne
- Échantillon : 1 004 Français âgés de 18 ans et plus
- Mode de recueil : questionnaire en ligne (CAWI)
- Période d’enquête : du 2 au 8 avril 2026
- Méthode d’échantillonnage : quotas (sexe, âge, CSP, région et taille d’agglomération)
- Marge d’incertitude : de 1,4 à 3,1 points
Ce qu’il faut retenir de cette étude
L’Observatoire Corum l’Épargne 2026 montre une évolution progressive du rapport des Français à l’argent. Les discussions financières sont aujourd’hui largement intégrées dans la sphère familiale et les attentes envers une meilleure éducation financière sont particulièrement fortes. Dans le même temps, les Français demeurent prudents dans leurs choix d’investissement, privilégient les conseils de professionnels ou de leurs proches et restent largement sceptiques vis-à-vis de l’intelligence artificielle lorsqu’il s’agit de gérer leur patrimoine.